Le 10 juillet 2026, la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a annoncé avoir ordonné à la compagnie aérienne espagnole à bas coût Volotea de mettre fin à sa pratique consistant à augmenter le prix des billets après leur achat. Dans le cadre de son programme « Fair Travel Promise », la compagnie pouvait appliquer un ajustement lié au prix du carburant pouvant atteindre 14 € par passager et par vol, sept jours avant le départ, en fonction de l’évolution du cours du pétrole Brent. La DGCCRF a considéré que le fait d’exiger un paiement supplémentaire après la conclusion de l’achat était contraire à l’article 23 du règlement (CE) n° 1008/2008, qui impose que le prix définitif du transport aérien soit communiqué au moment de la réservation.
Lorsqu’un ajustement à la hausse était appliqué, les passagers étaient informés par e-mail au moins sept jours avant le départ et recevaient un lien leur permettant de régler le supplément demandé. Les conditions générales publiées par Volotea prévoyaient également que les passagers pouvaient utiliser le service Flex inclus dans leur réservation afin de modifier ou d’annuler leur vol. La DGCCRF a enjoint la compagnie de mettre fin à cette pratique, sous peine d’une astreinte de 3 000 euros par jour de retard dans l’exécution de cette injonction. Volotea s’est ensuite conformée à l’injonction de la DGCCRF.
L’intervention des autorités françaises s’inscrit dans un contexte plus large de contrôle de cette politique tarifaire dans d’autres États européens. Le 4 juin 2026, l’Autorité italienne de la concurrence (AGCM) a annoncé l’ouverture d’une enquête, accompagnée de mesures conservatoires, concernant le mécanisme d’ajustement unilatéral des prix mis en place par Volotea. L’enquête porte également sur la pratique consistant à informer les passagers de frais supplémentaires uniquement après l’achat du billet, quelques jours avant le départ. Selon l’AGCM, les passagers qui refusaient de régler ce supplément s’exposaient à l’annulation de leur réservation sans remboursement, tout en conservant la possibilité de modifier leur vol ou de l’annuler en échange d’un avoir Volotea.
Les mesures adoptées en France et en Italie s’inscrivent dans un renforcement du contrôle des mécanismes tarifaires permettant de modifier le prix d’un contrat de consommation après sa conclusion. Bien que l’affaire Volotea ne relève pas du drip pricing au sens strict, elle soulève des préoccupations similaires en matière de protection des consommateurs, dès lors que le montant total à payer augmente une fois que les consommateurs se sont déjà engagés dans l’achat.












